La boucle est bouclée

lundi 11 juin 2012

Alice Springs

Northern Territory (Territoire du Nord pour les non-anglophones), le coeur de mon voyage, plus ou moins le milieu de l'Australie, Uluru le gros caillou rouge. J'arrive à Alice Springs au petit matin, il fait froid et je suis claquée après 3 nuits assez courtes. Après rapide installation à l'auberge et enfin une douche, je visite vite fait la ville.

Roland Garros
Alice Springs, deuxième plus grande ville du Territoire du Nord, un peu plus de 21 000 habitants. Terre rouge, rivière asséchée, ciel bleu. Beaucoup d'aborigènes et pas mal de paranoïa, mais moins qu'à Mount Isa. Il est quand même très recommandé de ne pas sortir à la nuit tombée, surtout si on habite de l'autre côté de la rivière. Mon auberge est de l'autre côté de la rivière mais de toute façon, je suis trop fatiguée pour sortir où que ce soit.

la rivière
Bref, c'est pas bien grand Alice Springs, quelques supermarchés, pas mal de galeries d'art aborigènes, deux librairies (alléluia !) dont une spéciale livres australiens (même pas ils ont "le koala tueur", bouh !), des fasts-foods, des pubs, quelques auberges de jeunesse et agences de circuits organisés pour Uluru. Il y a aussi quelques "musées" : musées sur les camions et autres road-trains, musée sur les Flying doctors ou la school of the air. Dans l'Outback, endroits très reculés et éloignés des villes, il n'y a pas d'école ni d'hosto. Donc, si jamais il y a un grave pépin, les docteurs se déplacent en avion, ce sont les Flying Doctors. Jusqu'à il y a peu, les enfants vivants dans ces régions-là suivaient un enseignement à distance par radio (School of the air). Maintenant, Internet prend le relais petit à petit.


Le truc à ne pas manquer, c'est le coucher de soleil du point le plus haut d'Alice Springs : ANZAC Hill. Ben c'est vrai que c'était bien beau, en plus, il y avait plein de nuages !

coucher de soleil depuis l'ANZAC Hill
Le lendemain, après une super nuit dans un vrai lit avec une couette géniale, j'ai un peu marché le long de la rivière inexistante.

kangourou
J'ai passé l'aprèm à faire des sentiers de randonnées aux alentours, c'était magnifique. Temps superbe, presque personne, désertique, j'ai juste croisé un kangourou qui m'a bien surprise. J'ai fait quelques kilomètres, histoire de me mettre en jambes pour le lendemain et les jours à venir.


jeudi 7 juin 2012

Le voyage continue

Donc j'ai quitté Cairns. Je suis partie dans la nuit froide (pas tellement) et pluvieuse (beaucoup) en laissant Mathilde avec les crocodiles. En réalité, c'est elle qui m'abandonne, elle prend l'avion pour Darwin rejoindre ses parents pour trois semaines de vacances.

Anyway, une fois de plus, je retrouve ce bon vieux bus Greyhound. Tout d'abord, retourner à Townsville, 5h de bus. Je débarque là-bas à 5h30, j'ai pas tellement bien dormi, le chauffeur nous réveillant toutes les deux-trois heures pour nous annoncer les arrêts. Lorsque le chauffeur apprend que je vais à Mount Isa en train, il me dit "oh c'est bien, mais il y a beaucoup de déraillements" J'ai l'air paniqué, il rajoute "non, beaucoup de déraillements de trains transportant des centaines de wagons des mines. Il y a trois mois, l'accès à Mount Isa a été fermé pendant 10 jours suite à un déraillement." Chouette.

vue du train vers Townsville, c'est gris et triste
Je suis à Townsville et je n'aime pas tellement cette ville. Je prends un bus pour aller à la gare, assez éloignée de la gare routière. Il est 7h, la gare est vide et ne ressemble à rien : un quai, quelques bancs. C'est tout. Pas une seule machine pour se payer un chocolat chaud. Il fait froid, il fait fatigué, mon train part à 12h40, youhou ! J'attends. J'essaye de lire, d'écrire, de dormir. Vers 9h, quelques employés arrivent, ouvrent le guichet, préparent la bouffe pour The Inlander (Townsville-Mount Isa). Une employée annonce les trains. Il n'y a pas d'écran, elle traîne un panneau d'affichage jusqu'à l'entrée de la gare, dessus 4 noms de trains écrit, elle rajoute avec des chiffres aimantés les heures d'arrivée et de départ de deux d'entre eux (dont le mien, The Inlander). La gare de Townsville est vachement animée... J'attends toujours. Bien peu de passagers sont là, il fait toujours froid. Je peux mettre mon gros sac en soute gratos, ça c'est chouette. La SNCF devrait prendre exemple.
Le train arrive en gare à 12h25, les employés montent, font le nettoyage, chargent le wagon-bouffe, tu m'étonnes qu'on parte en retard ! Je suis dans le dernier wagon, le wagon sièges inclinables. Il y a 52 places assises, on est une quinzaine, grande majorité d'aborigènes.

lever de soleil sur les rails
Paysage vert, il pleut, les vitres sont sales, j'ai frais, impression d'être de retour dans le Transmongolien. On s'arrête peu, les gares ressemblent à rien, au milieu de la campagne.
En Australie, comme partout ailleurs, les vaches regardent les trains passer. Certaines s'affolent et courent un peu partout. En Australie, comme nulle part ailleurs, les kangourous regardent les trains passer. Certains se barrent en sautant. La nuit tombe assez brutalement je trouve, tout le monde essaye de s'installer plus ou moins confortablement pour dormir. Tous ont des supers couettes, des oreillers... Moi, je n'ai que ma pauvre polaire, et même si je suis claquée, je dors bien mal.

j'aime bien les levers de soleil
Réveil avant 7h, chocolat chaud à la voiture bar, le soleil se lève, c'est magnifique. Le paysage a changé, surtout les couleurs. La terre est rouge, le ciel est bleu (enfin !), un peu de moins végétation (surtout moins d'arbres), buissons plus jaunes que verts. Toujours des kangourous et des vaches.
Vers 9h45, le train stoppe devant une mine énorme. Tout le monde se lève. C'est quoi ce bordel ? Ah ok, à gauche la mine, à droite la "gare". Comme à Townsville, juste un quai.

Mount Isa, la mine
Mount Isa, toujours dans le Queensland, mais dans l'Outback, 23 500 habitants, patrie de Patrick Rafter, des mines et des mineurs. Il y a tellement trop d'hommes à Mount Isa qu'en 2008, le maire John Molony a lancé un appel aux femmes moches pour venir vivre à Mount Isa. Ils ont changé de maire cette année.

Mon bus est à 19h30, j'ai un peu de temps pour "visiter". Je ne fais pas grand chose en réalité, je marche, je traverse un pont, il est censé y avoir une rivière en-dessous, il n'y a que du sable ou presque, je vais au point de vue "oh c'est beau la ville vue d'en haut, on voit même le K-Mart", je me balade dans le centre. Pas mal d'aborigènes dans les rues, partout des caméras de sécurité et des stickers "Tell us what you know, not who you are"...

charmant
Je discute avec une française et une allemande devant la bibliothèque fermée provisoirement. Le temps passe et au moins j'ai pas froid, il n'y a pas un nuage dans le ciel.

faut bien des couchers de soleil aussi !
Greyhound bus à 19h30, le chauffeur le moins sympa que j'ai eu depuis mon arrivée en Australie. Le bus est loin d'être plein, on peut s'étaler peinard. Changement de bus à Tennant Creek vers 3h, changement d'heure aussi (+30 min), nous voilà dans le Northern Territory. On attend plus de 20 min dehors, il fait un froid de canard.
6h45, lever de soleil magique avec vitres embuées. On s'arrête pour le petit-dèj à Aileron Roadhouse, un peu au milieu de nulle part, c'est amusant. Et enfin, 9h30 Alice Springs...

les galahs d'Alice Springs (ou cacatoès rosalbin)
Cairns-Alice Springs en bus, train, bus, environ 2480 km en 57h , c'est rapide en fait.

PS : les photos ne veulent pas se charger, désolée...
PS2 : 3ans après, ça y est, j'ai mis des photos !

allez, un dernier lever de soleil pour la route !

Oui bon d'accord ça va

Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris, c'est ce film toute cette pression...
Bon, je vais continuer.

dimanche 3 juin 2012

Non mais c'est vrai quoi !

Parfois, je me demande pourquoi je continue d'écrire ce blog sachant que personne ne le lit. Alors si, en fait certains le lisent, mais je n'ai presque aucun commentaire, me donnant l'impression que tout le monde s'en fout.
Ben vous savez quoi, moi aussi je m'en tape. A la base, je voulais même pas de blog, je trouvais ça trop naze. Je me suis fait influencer par la famille et les amis et voilà le résultat : nada. Donc, je ne sais pas si je vais continuer, tout cela me semble assez vain.
Sinon, demain je vais voir Uluru et si ça trouve vous en entendrez jamais parler, ah ah ah !!!!!

PS : Qui a dit que j'étais devenue plus gentille en Australie ?
PS2 : Sachez que j'ai un deuxième blog caché quelque part et que j'ai plein de commentaires, na !

samedi 2 juin 2012

Snriac

Dernière ville importante sur la côte Est. Certes, plus au Nord, il y a Cooktown, mais après Cooktown, impossible de circuler en bus ou en voiture, il faut un 4x4. Et je conduis pas. Je peux toujours y aller en circuit organisé mais ça coûte un bras et j'ai besoin de mes deux bras si jamais je rencontre un crocodile.
Donc, Cairns, dernière ville de la côte Est pour moi. Soyons clairs, on est restées 10 jours à Cairns, il a fait un temps pourri dans l'ensemble, c'était un peu la lose quoi. Le problème c'est qu'il n'y a pas grand grand chose à faire à Cairns. Il n'y a même pas une librairie digne de ce nom, la honte...

Cairns
Alors, le Lonely Planet, parfois, il est à côté de la plaque complet. Regardez ce qu'il nous écrit sur Cairns :
"S'il manque une plage à la ville, cet inconvénient a été parfaitement compensé par la création d'un superbe lagon artificiel parfaitement situé sur l'Esplanade, en plein centre-ville."
Parfaitement compensé ? À la place d'une plage de sable fin de 4 km de long, il y a une espèce de petit bassin à l'eau certes très claire mais aussi profonde qu'une baignoire. Et un peu de sable en bordure pour faire genre. Et heureusement qu'il est situé en plein centre-ville, à côté de l'océan, ils sont pas si cons que ça les mecs !

Le lagon avec les faux poissons
"Habitants et touristes y affluent en maillots et bikinis aux premiers rayons de soleil." Il a dû faire soleil 1 jour et demi, donc je peux pas trop juger là.
"La ville compte de nombreux restaurants japonais et coréens, un casino où l'on a parfois l'impression d'être en pleine forêt humide, et assez d'auberges de jeunesse et de night-clubs pour se faire une idée de la manière dont les australiens aiment faire la fête."
Comme partout, il y a quelques restos japonais et coréens. Après avoir lu une description pareille, on est allées faire un tour au casino. Je sais pas ce qu'il avait pris le gars du Lonely mais on l'a pas vu la forêt tropicale. Pour finir, qui dit auberge de jeunesse, dit généralement touristes étrangers, je vois pas comment ils peuvent donner une idée dont les australiens aiment faire la fête.


"Au petit matin, après avoir passé la nuit à danser, on peut embarquer sur l'un des nombreux bateaux qui desservent chaque jour les îles et le récif pour s'offrir une journée de plongée ou de snorkeling"
La blague ! Genre tu passes une nuit blanche à boire et à danser, t'embarques sur un bateau, déjà tu vomis tripes et boyaux en allant sur le récif, ensuite tu peux pas plonger si t'as de l'alcool dans le sang. Franchement n'importe quoi tout ça... 

Le seul avantage de Cairns, c'est que c'est la voie d'accès royale pour des expéditions sur la Grande Barrière de Corail. C'est ce qu'on a fait. Nous sommes parties au petit matin, dans un bateau de 80 passagers (mais on était une quarantaine), il faisait pas mal gris, pas mal de houle, il y a eu quelques malades pendant les 2h de trajet. Il y avait un livre sur la table, je l'ai lu pour patienter, j'aurais pas dû : Sharks and Rays. Je voulais plus mettre un orteil dans la flotte après cette lecture instructive avec de belles images. Mais le bateau a jeté l'ancre à Michaelmas Cay, le soleil a réussi à sortir, il y avait des oiseaux partout (on se serait cru dans "Les oiseaux", véridique. L'espace de 2 secondes et demi, j'avais plus peur des oiseaux que d'éventuels requins me déchiquetant une jambe), tout le monde était en tenue, j'ai suivi le mouvement : stinger suit, palmes, masque, tuba, appareil-photo sous-marin et plouf ! Ben j'ai pas regretté ! C'était ben beau là-dessous ! Un peu comme aux Whitsundays en fait (en même temps, c'est la même barrière de corail donc bon...). Plus de poissons je pense. Mais c'est pas de la tarte de prendre des photos sous l'eau, ça bouge, les poissons aussi, fichtre quoi ! Le plus mieux de la classe qui tue, c'est que j'ai vu une tortue de mer, c'était vraiment cloolsse. Limite je me serais crue dans Nemo. Limite. J'ai pas vu de poisson-clown.

Parrot-fish
Après une sacrée session de snorkeling (j'aime toujours ce mot, snorkelling (je sais toujours pas si ça prend 2 ailes ou pas alors j'alterne)), nous sommes remontées à bord, on a dit bonjour aux gros batfish qui nagent tout près de la surface, on a bien mangé, les poissons aussi : ils ont eu droit à un peu de bouffe, ça nous a donné l'occasion de voir les Giant Trevally à l'oeuvre. Gros poissons noirs qui nagent avec une rapidité étonnante pour choper la bouffe, on aurait dit un croisement entre un dauphin et un requin, mais en plus petit. Un genre de dauquin ou de rephin. Ou de drauphquin.

batfish
Le ciel s'assombrit de plus en plus, on vogue vers notre deuxième et dernier spot de plongée. Il fait froid, il fait gris sombre, il y a des vagues et il se met à pleuvoir lorsque nous sautons à la mer. De plus, cette fois-ci pas de banc de sable et de plage comme à Michaelmas Cay, là nous sommes au milieu de l'océan, on ne voit pas le fond avant d'atteindre les coraux et ça c'est effrayant. Surtout pour moi. Je fais une petite crise de paranoïa/panique toute seule dans ma tête, je vois des ailerons partout c'est dingue. Après quelques minutes je préfère remonter à bord et me soigner en me vidant un paquet de m&m's dans le gosier. Je suis très courageuse, je sais. Mais bon, c'est toujours dans des situations comme ça que les gens se font attaquer par des requins dans les films. Pendant ce temps là, Mathilde continuait de prendre des photos 30 000 lieues sous les mers. Ben, elle s'est pas fait manger par un requin, dingue ! Ni par une orque ou une baleine ou tuer par une méduse tueuse.


Sur le chemin retour, un des membres de l'équipage nous a fait une petite présentation sur la Grande Barrière de Corail, les différents poissons, coraux, les dangers qui la menacent... c'était ma foi très instructif tout cela. J'ai pas essayé la plongée avec bouteille parce que j'avais peur que mon cerveau explose. Ça m'aurait un peu embêté.
J'étais bien contente d'avoir snorkellé sur la Grande Barrière avant qu'elle ne disparaisse à cause du réchauffement planétaire ou de la méchante étoile de mer ou de la fin du monde de décembre 2012.
On est rentré à l'auberge sous une pluie battante, c'était rigolo... C'est quand même censé être la saison sèche en ce moment, bordel !


Pour éviter de carrément s'emmerder à Cairns, on est allées faire des petits tours pas loin histoire de voir si l'herbe était plus verte.

Four Mile Beach, Port Douglas
Tout d'abord, Port Douglas. Tout le monde nous disait que c'était "lovely". J'aurais dû me méfier. Non en fait, c'était pas si pire et j'imagine qu'avec un vrai beau temps, ce doit être magnifique. Mais le sublime point de vue sur la Four Mile Beach, c'était un peu terne et gris. Et puis, c'est un peu effrayant de se balader sur ladite plage après avoir vu les panneaux "attention crocodiles". Par contre, à Port Douglas, il y a une librairie/café lovely où ils font un bon chocolat chaud...

Le coin à pique-nique, Port Douglas
Ensuite, Kuranda. Ça sonne un peu comme Cooranga. On a pris un petit train du matin pour monter dans la forêt tropicale jusqu'au village. J'aime les trains, celui-ci était top, les banquettes étaient en cuir rouge. La vue sur Cairns était pas mal non plus dans le genre et en plus il faisait beau ! On était ready pour faire une super balade de 4h ou plus, peu importe, mais la dame de l'Office du tourisme nous a refroidi direct. "Ah mais non, les sentiers ils partent pas d'ici, il faut une voiture pour y aller" Ben mince alors. En échange, Mathilde a joué à la dame de l'office du tourisme parisien pour la dame de l'office du tourime Kurandien qui était allemande.

le petit train de Kuranda
Puis, on a fait la pauvre balade d'à peine une heure autour du village. On a même mangé au bord d'une rivière parce qu'il y avait pas de panneau. C'est bien connu, les crocodiles quand ils voient pas les panneaux "attention crocodiles", ben ils restent pas. Puis on s'est rentré avec le bus. Mathilde nous a fait des crêpes pour nous remonter le moral, c'était sacrément cloolsse (avec du Milo sur la crèpe, s'il vous plaît !)

Barron Falls, Kuranda
Sinon, à Cairns, il y a un allemand qui ronfle tellement qu'on est obligées de changer d'auberge, il y a des gens qui volent mes Tim-Tam dark chocolate (du lait et du fromage rapé par la même occasion, mais on a réussi à tout récupérer en partie), il y a des parents qui promènent leurs enfants en laisse-chien, il y a des marchés de nuit où des asiatiques proposent des massages à 15$, il y a 4 sushis rolls à 7$ de 20h30 à 21h30, il y a des fourmis dans les Cocoa Orbits, il y a une fille qui est triste parce que son ordi à un virus (mais pour d'autres raisons aussi), il y a un Office Works avec des beaux carnets, il y a des supermarchés polonais, comme partout en Australie (ceci est une blague que bien peu de gens pourront comprendre, désolée), par contre il n'y a même pas de K-Mart (c'est vraiment une ville de merde Cairns !), ni de Wi-Fi gratuit dans les auberges ou à la bibliothèque, ni de comic book store...

lundi 28 mai 2012

Townsville/Magnetic Island

Sur le LP, Townsville avait l'air génial et notre auberge encore plus mieux. Certes, on est arrivées de nuit, il faisait froid et y'avait la clim à fond dans la chambre, c'était pas une approche d'enfer. Le seul intérêt de Townsville en réalité, comme pour Airlie Beach ou Rainbow Beach, c'est de s'en aller. Ici, on prend le ferry pour Magnetic Island.
Mais pour l'instant, voyons ce que peut nous offrir Townsville. Retour à l'auberge, c'est l'heure de partir, porte vitrée fermée pour accéder à la réception vide, des caméras partout, sympa. Le type n'est pas tellement plus chaleureux. On pose nos bagages dans les casiers payants et en avant Guigamp !


Priorité, petit-déjeuner, j'ai une dalle terrible. Direction le Strand, longue promenade au bord de l'océan. Pas mal de travaux, belle plage mais infestée de méduses tueuses (vinaigre à disposition sur les plages) et au bout, la Rock Pool est vide, en nettoyage. Super. Le café soi-disant pas trop cher d'après le LP a sacrément augmenté ses prix (en même temps, le LP se fait vieux), on réussit tout de même à trouver de quoi se caler l'estomac. Le temps est pas top, il fait très lourd, on reprend notre balade. Il faudrait aller jusqu’au sommet du Castle Hill admirer la vue, mais plus on s’approche plus on fatigue moins on a envie d’y aller. De toute façon, les chemins sont interdits d’accès, ça c’est fait. On se dirige alors vers le centre-ville, on a repéré 2 supers restos/cafés dans le LP. Fermés eux aussi. De mieux en mieux. Les rues commerçantes sont désertes, beaucoup de magasins vides, à vendre, c’est très bizarre comme endroit. En plus le temps se gâte très rapidement, impression étrange sur Townsville, la ville en fermeture.

Rock Pool vide
On embarque donc plus tôt sur le ferry pour Magnetic Island. Trajet rapide mais sous la pluie et assez remuant. À peine débarquées, on monte dans un bus barge, bondé, totalement non-australien tellement c’est bordélique. Le chauffeur démarre alors que certains passagers ne sont pas encore assis, il a une conduite assez sportive, les gens hurlent pour demander leurs arrêts, c’est très folklorique, je ne sais pas comment on est sorties vivantes de là. L’auberge est sympa, dans la nature, il y a une sorte de mini-zoo juste à côté. Les dortoirs n’ont pas de vitres, tout est ouvert avec des fly-screen, on entend les animaux dehors, c’est chouette. Un peu flippant parfois.

Magnetic Island
Visite du Bungalow Bay Koala Village ! Premier enclos, Barbie, 6 ans, saltwater crocodile, sommet de la chaîne alimentaire en Australie, glups. Mais elle n’est pas bien grande, elle continue de grandir jusqu’à ses 60 ans et peut vivre jusqu’à plus de 200 ans. Animaux très très… faut pas s’en approcher quoi. C’est pas qu’ils sont méchants, c’est juste qu’ils ne pensent qu’à la bouffe. Si on en croise un, ben il vaut mieux éviter d’en croiser un en fait, si j’ai tout compris. Mais Barbie a la gueule fermée par un gros élastique alors on peut la porter. C’est impressionnant, j’ai étrangement pas eu peur, j’ai bien aimé cette sensation, la peau est bizarre, assez douce sur le ventre. Bien sûr qu’il y a des photos et non elles ne sont pas sur Picasa, niark, niark.
Shadow, le red-tailed black cockatoo a une patte cassée, on ne peut donc pas le tenir, tant pis. Le white cockatoo reste bien sagement dans son enclos, Harry le wombat dort dans son tronc d’arbre avec poignée et nous arrivons aux lézards. Ça c’est trop chouette aussi à porter, je vois enfin un blue-tongue lizard. Et vous savez quoi ? Il a la langue bleue... dingue !

Harry le wombat
gentil freshwater crocodile
Puis, vint le drame, les koalas. C’était un peu la raison principale de notre venue dans ce « zoo », on pouvait tenir un koala dans ses bras. La ranger nous présente donc Noa le koala, nous explique comment il faut le porter et qu’il faut éviter de remuer. Rien de plus simple. Les gens défilent, portent le koala, se font tirer le portrait et sont trop heureux de vivre. Je la sens trop mal cette histoire, j’ai comme un mauvais pressentiment (à ce moment, je ne pensais même plus au « koala tueur » qui est pourtant gravé dans ma mémoire), je vois que Noa s’agite un peu sur les derniers clients et vient mon tour. Je m’approche, la ranger utilise la technique du koala chauve-souris pour me le coller dans les bras, je ne bouge pas d’un cil, mais lui n’a pas l’air très patient, la photographe officie, n’a pas l’air contente d’elle (le koala doit tirer une sale tronche) et là c’est le drame : ce con de Noa me mord le poignet 2-3 fois, je ne bouge toujours pas (j’ai dû bien mémoriser les conseils du « koala tueur »). La ranger reprend Noa et va le ranger dans son enclos. Elle revient avec Matilda ! (s’il vous plaît, laissez-moi partir !). Tout se passe très bien, Matilda termine sa sieste, elle est donc beaucoup plus docile. Je suis enfin libérée de cette satanée cuddlerie !

Matilda le koala
Arrive le python, ça va beaucoup mieux. La gentille ranger le porte autour du cou et nous assure qu’il n’est absolument pas dangereux. Bizarrement, une fois autour de mon cou, le voir s’approcher de mon visage ou le sentir se resserrer sur ma nuque, je me sens nettement moins rassurée. Et puis l’épisode koala m’a un peu refroidi je pense. Mais c’était quand même une sacrée expérience !


On passe l'aprèm en balade. Magnetic Island c'est vert, montagneux, volcanique, avec des cailloux bizarres et des plages. Le compas de Mr Capitain Cook se serait affolé à l'approche de cette île, voilà pourquoi elle se nomme Magnetic Island. Depuis, y'a eu plein de tests et en fait elle est pas magnétique du tout. Ils devaient être bourrés sur le bateau ce jour-là.

le python
On arrive à Geoffrey Bay avant le coucher du soleil, le temps idéal pour nourrir les rock wallabies. D'ailleurs, au bout de la route, un petit wallaby nous attend. Plus on s'approche, plus il en sort de partout. Dès qu'on sort les graines, c'est la chienlit. Ils sont tout petits mais un peu barges les bestiaux. Ils ont l'air agressifs et complètement accroc à cette bouffe, ils se crachent dessus, limite à se foutre des pains. C'est assez effrayant. Mais chouette quand même.

Suivez les flèches
On dîne à l'auberge en compagnie de quelques ring-tailed possums. Ils montent sur nos genoux, sur la table, ils tentent de manger mon gâteau... oh les gars ça va là ! Pas mon biscuit au chocolat ! Bref, ce fut la journée des animaux, je comprends mieux ce cher Kenneth Cook maintenant... 

blue-tongue lizard
Magnetic Island
Lorsqu'on revient à Townsville le lendemain, la rock pool est pleine. Ça par exemple ! Et les samedis du mois de mai à Townsville c'est mariage : pas mal de mariés en costumes sur le Strand. Par contre, l'auberge de jeunesse (toujours la même) est légèrement bruyante le samedi soir. Quel doux euphémisme ! Elle est accolée à un très grand pub avec espace plein air alors ça déménage à donf, ce fut affreux. Les annonces de boulot à Townsville sont presque réservées aux filles, entre les serveuses topless et les strip-teaseuses... ville étrange Townsville.


lundi 21 mai 2012

Silent Night

Nous sommes arrivées à Airlie Beach au petit matin avec un temps grisâtre, les montagnes vertes autour, c'était joli. Puis on est descendu du bus et on a marché. Verdict : Airlie Beach, c'est un peu naz je trouve. On y vient juste pour foutre le camp. C'est d'ici que partent tous les voiliers et autres party boats pour les Whitsunday Islands.
Airlie Beach c'est une ville avec une Marina, une grande rue remplie de backpackers, d'agences de voyages et de pubs, et une esplanade avec quelques restaurants. Et puis c'est tout. Il y a des plages aussi mais il est interdit de s'y baigner sans combinaison pour cause de méduses tueuses (bienvenue dans le Nord), il y a donc une sorte de piscine-lagon, comme à Brisbane mais en moins bien.

le lagon d'Airlie Beach
Le lendemain matin, il faisait super beau, heureusement, nous sommes allées jusqu'à la Marina avec notre sac autorisé et Ben le cuistot/dockerman nous a conduit (nous et 7 autres passagers) jusqu'au Silent Night. Samuel le Skipper nous a souhaité la bienvenue, nous sommes montés à bord sans chaussures, Samuel nous a fait un topo sur les choses à faire et ne pas faire sur le voilier, Ben nous a fait une démonstration de chasse d'eau, et on a largué les amarres. 

Silent Night
Nous sommes chanceux, le vent est de la partie, Samuel va pouvoir couper le moteur. Il nous indique de quel côté nous asseoir, nous voilà les pieds au-dessus de l'eau, Ben hisse les voiles et en avant ! Le bateau penche grave et trace sévère, on se prend des vagues de plein fouet, nous sommes tous trempés, gelés, on se tient de toutes nos forces aux filins, c'est génial ! Après deux heures de route, nous jetons l'ancre près de Hook Island. Et Samuel me surnomme "Cuddles"...
Toujours frigorifiés, nous faisons tous connaissance autour de plats de nachos au coucher du soleil, c'est merveilleux. Fabienne et François de Lausanne, Bastien et Lucie d'Avignon, Marlene et Klaus d'Allemagne, et Caroline l'anglaise. Ben vous savez quoi ? Ils sont tous sympas. Une fois la nuit tombée, on admire les étoiles et la voie lactée, mais on m'indique dans l'oreillette que dans la Massif Central c'est encore mieux. Ah bon ? À vérifier cette histoire...


Certains ont des cabines, nous dormons sur des banquettes dans le salon/cuisine, Samuel dort dehors sur le pont. Le voilier tangue plus que sur un cargo, ça berce d'autant mieux.

ma couchette en haut
Le lendemain, le voilier se met en route vers 5h30, on assiste au lever de soleil sur la mer de Corail, ça claque. 
ça tangue au petit matin !
On s'arrête devant la Whitsunday Island, on grimpe à bord du zodiac et Ben nous dépose sur le rivage. Petite marche dans le bush et incroyable, une plage paradisiaque vide (certes, il est 7h30). Sable fin blanc, mer bleue, verte, turquoise et pas un chat, c'est assez rare de voir ça. Samuel avait raison, marcher sur cette plage, c'est un peu comme marcher sur de la farine. On a la plage pour nous tout seul, trop grave cloolsse ! On pourrait se baigner, nous avons nos stinger suits, mais bon pas trop envie, il fait un peu frais quand même. Petit à petit la plage se remplit de touristes descendus des bateaux, tant pis, adieu tranquillité... On en aura quand même bien profité.

tiens, une plage vide !
On rejoint notre point de ralliement à l'heure dite et Samuel nous conduit jusqu'aux points de vue. Coup de bol, il n'y a pas grand monde. La mer descend, on voit le sable apparaître, les couleurs de l'eau sont merveilleuses, le soleil donne, la vue est épatonnament extraordinaire, c'est juste impressionnant, breathtaking, on en est speechless, c'est encore plus mieux que sur les cartes postales, c'est trop fou fou. Ce fut très rapide mais à jamais imprimé sur mes rétines (ouille, ça fait mal)


On retourne sur le voilier, quelle matinée ! Samuel nous explique qu'il est interdit de ramasser quoique ce soit sur cette plage et encore moins du sable (take nothing but pictures, leave nothing but footprints). Ce sable est d'une pureté incroyable, 98% de silice et une seule fois le gouvernement australien a autorisé qu'on en prenne : pour les lentilles du téléscope Hubble. Ça c'est sympa.


Déjeuner sur le voilier en compagnie de tortues de mer pas mal balèzes. C'est du sport de les repérer, mais c'est encore pire d'essayer de les prendre en photos. Elles remontent en surface pour respirer quelques instants avant de replonger. Le temps de la voir, de prendre l'appareil, elle s'est déjà fait la malle. En plus, ça rend pas bien du tout sur les rares photos que certains ont pu prendre.


Aprèm snorkelling (c'est un de mes mots préférés. Snorkelling, ça sonne bien, non ?). Nous jetons l'ancre devant Dumbell Island, on enfile nos magnifiques stinger suits en lycra (pour éviter de se faire tuer par une méduse), on choisit masque et tuba (hourra, j'ai eu le masque vert!!!!) et on se fout à la flotte. Quelle plénitude sous l'eau, les poissons sont magnifiquement colorés, les coraux idem, mais j'ai peur des requins quand même (et pas des méduses, c'est étrange). On snorkel pendant près d'1h30, je comprends mieux l'état de frippitude de mes mains. Et il commence à faire frisquet aussi. Rinçage sur le pont du bateau et séchage pendant le trajet jusqu'à Hook Island. On va sur la jetée nourrir les poissons. On voit un Giant Trevally, y' a de quoi faire un bon méchoui avec un poiscaille pareil !


On s'arrête près de Hook Island pour la nuit, c'est plus calme que la veille. Bon dîner, bonne ambiance, on finit la soirée avec un Tim-Tam slam général et à 22h tout le monde au lit ! Quelle journée les enfants !

Le lendemain, c'est déjà la fin, quelle tristesse. Il y a trop de vent pour resnorkeller, nous allons donc faire une petite bushwalk. En chemin, Samuel nous invite à lécher des fourmis. C'est assez amer. Et c'est déjà l'heure du retour, sailing à donf. Comme à l'aller, les pieds au-dessus de l'eau et en avant toute ! On se fait tremper, on est frigorifié, on se réchauffe peu à peu, les vêtements sèchent assez rapidement, et on se prend un autre vague... si c'est pas malheureux.

miam les bonnes fourmis !
À Airlie Beach il fait très beau et on peut enfin prendre une douche, mais c'est quand même triste que ce soit fini.