La boucle est bouclée

mardi 12 juin 2012

Uluru Stories

Bienvenue sur la terre de Aborigènes.
Ceci est le domaine des Anangu, propriétaires traditionnels d'Uluru, le peuple Pitjantjatjara et Yankunytjatjara.
Anangu vous souhaitent la bienvenue.

C'est ce qu'il y a écrit sur le prospectus français sur Uluru.

interdit de prendre des photos
En 1985, le Parc National Uluru-Kata Tjuta a été rétrocédé aux Anangu à la condition qu'ils accordent un bail d'exploitation de 99 ans à la National Parks and Wildlife Agency et qu'ils gèrent le parc en collaboration avec eux. Ce qu'ils font. Le "bureau de management" est composé de 12 membres ; 4 hommes et 4 femmes Anangu et 4 non-Anangu.
Le droit Tjukurpa est le fondement de la vie et de la société Anangu. Tjukurpa est la relation entre les personnes, les plantes, les animaux et les caractéristiques physiques de la terre. C'est le fondement de toutes le connaissance Anangu.


L'ascension d'Uluru n'est pas interdite mais les Anangu demandent par respect pour ce lieu qu'ils considèrent sacré de ne pas escalader. Pour trois raisons
  • pour des raisons donc culturelles par respect de leur loi
  • pour des raisons de sécurité : 35 personnes sont mortes depuis les années 1950, il faut être en bonne condition physique et éviter de glisser si possible
  • pour des raisons environnementales : le chemin emprunté commence à éroder sérieusement le rocher et en plus certains abrutis pourrissent les points d'eau en se servant du sommet comme de chiottes.

Donc, franchement faut être une sacrée tanche pour grimper en sachant tout ça. Bien évidemment, quelle est la nationalité la plus représentée ? Les australiens, bien sûr ! Parce que bon, c'est leur pays, c'est leur rocher Ayers Rock, faut pas les faire chier avec des conneries pareilles.


Lorsqu'il y aura moins de 20% des visiteurs qui escaladeront le rocher, la montée pourra être interdite. En attendant, il y a plus de 30-35% qui grimpent.

Matt n'a pas pu nous raconter grand chose sur Kata Tjuta du point de vue aborigène, ces connaissances restent secrètes et ne sont pas partagées avec les non-initiés. Tant pis.
Par contre, il a pu nous en apprendre beaucoup sur les histoires du Creation time (nous on dit Dreamtime mais ils aiment pas) d'Uluru. La moindre anfractuosité sur Uluru raconte une histoire.

wave cave
Par exemple, l'histoire de Lungkata, l'homme lézard (en ce temps-là, les hommes pouvaient changer de forme facilement).


Un matin, Lungkata chassait peinard autour d'Uluru quand il aperçut un émeu (Kalaya) pas mal épuisé avec une lance dans le corps. Lungkata, homme gras, y vit une opportunité d'un repas facile. Il attaqua l'émeu et l'acheva. Ensuite il le traîna jusqu'à son camp, alluma un feu et commença à découper le bestiau. Pendant ce temps-là, deux chasseurs, les Pan-Pan-Palala Brothers (à ne pas confondre avec les Blues Brothers) s'approchèrent d'Uluru en suivant les traces de leur émeu. Ils virent le feu de Lungkata et lui demandèrent "Hé mon gars, t'aurais pas vu un émeu blessé passer dans le coin ? On a réussi à le blesser avec une lance et il est venu par ici". Lungkata cacha les morceaux de viande derrière son dos et leur répondit " Non, pas d'émeu ici, peut-être de l'autre côté là-bas plus loin." Les Pan-Pan-Palala Brothers allèrent par là-bas plus loin et Lungkata sut qu'il était mal barré grave. Il rassembla la viande et la porta le long d'Uluru. Comme il se dépêchait, il laissa tomber quelques morceaux en chemin. La grotte de Lungkata était haute dans la falaise, il y grimpa et y cacha la viande.
Au même moment, les Pan-Pan-Palala Brothers trouvèrent l'endroit où Lungkata avait tué l'émeu. Ils étudièrent les traces au sol et comprirent ce qu'il s'était passé. Ils avaient découvert le pot-au-rose ! Ça leur a pas plu du tout que Lungkata leur ait menti. Ils repartirent voir Lungkata à son feu mais il n'était déjà plus là. Ils suivirent ses traces tout autour d'Uluru, trouvèrent les morceaux de viande d'émeu qu'il avait laissé tomber et découvrirent la grotte dans laquelle il se cachait. Ils lui dirent "Lungkata, on sait que t'es là, t'as joué au Petit Poucet avec ton dîner !" Lungkata resta muet. Les Pan-Pan-Palala Brothers continuèrent "Lungkata, on veut notre émeu. Jette-le nous." Mais Lungkata ne dit rien et resta caché dans sa grotte.
Les Pan-Pan-Palala Brothers se mirent en colère sévèrement et allumèrent un feu en dessous de la falaise. Il commençait à faire chaud et la fumée entrait dans la grotte. Lungkata sortit, à moitié asphyxié, glissa et tomba de la falaise. Les rochers étaient très chaud à cause du feu, et au fur et à mesure de la chute de l'homme-lézard Lungkata, sa peau restait collée aux rochers brûlants. Il continuait sa chute et diminuait de plus en plus jusqu'à devenir une pierre en atteignant le sol.
Aujourd'hui encore, on peut voir la pierre Lungkata, sa peau le long d'Uluru et les morceaux d'émeu qu'il a laissé tomber.

la peau de Lungkata et la pierre
Ça c'est du conte de fée comme on les aime ! Il y en a plein d'autres comme ça, c'est trop cloolsse !

Matt nous a aussi expliqué rapidement la peinture aborigène qui servait en fait de carte à la base.

The Rock Tour

5h50, je suis devant l'auberge, j'attends. Je ne suis pas la seule, on cause, Julie, toulousaine, part sur le Rock Tour également. 6h05, un mini-bus s'arrête, un gars descend coche nos noms sur la liste, on monte à bord, et c'est parti !
le bus
Dans le bus, nous sommes 22, pendant la matinée de route on fait connaissance.
Camel-Matt, anglais notre guide/chauffeur/cuistot ; Fitzy, australien, apprenti-guide ; Anders et Anne-Sofie danois ; Moritz et Romy suisses ; Pauline française et Daniel israélien ; Jimmy, Charles, Bryan, Jenny et Camilla coréens ; Sarah et Kelsey canadiennes ; Rachel et Sarah américaines ; Diane et Laura hollandaises ; et Sheehan écossaise. 11 nationalités différentes pour 22 personnes, c'est pas mal. Et, chose d'une rareté incroyable en Australie : il n'y a pas d'allemand, même Matt est stupéfait.
La route est droite, pas grand chose autour, de rares arbres pelés, des buissons, c'est plus ou moins vert, sol rouge, c'est le désert.

Kings Canyon
Vers midi, nous voilà à Kings Canyon. On sort enfin du mini-bus, il fait très beau, mais je suis toujours en polaire. Le début de la randonnée c'est la montée du Canyon surnommée la colline de l'attaque cardiaque, ça promet, j'en enlève ma polaire... ça attaque sévère, mais bon ça va quand même. On est suivi par un vieux qui est bientôt vêtu uniquement de son short et de crème solaire (merci à Julie pour cette magnifique image), c'est très classe. Matt nous explique la formation du canyon, très franchement j'ai tout suivi mais je suis une quiche en géologie alors en plus des explications en anglais, bonjour... J'ai juste retenu que le Grand Canyon aux Etats-Unis devrait en fait s'appeler les Grandes Gorges (parce que c'est pas un canyon, ce sont des gorges), mais ça fait moins classe. Une fois en haut, c'est hachtement plus facile, c'est tout plat ! On se croirait un peu ailleurs, c'est tout rouge de tous les côtés, c'est chouette !


Les points de vues sont époustouflants mais bien trop vertigineux pour moi, c'est "oh putain con, si on tombe ça doit faire mal !". Matt est un bon guide, il nous explique des trucs sur les plantes : "la sève de celle-ci permet de cicatriser les plaies, mais si on en met dans les yeux, ça aveugle pendant 3 jours. C'était une punition aborigène pour les fautes graves, ils aveuglaient le coupable mais s'occupaient de lui en attendant. Si c'était vraiment très grave, ils l'abandonnaient dans le désert, aveugle. S'il arrivait à revenir, tant mieux, sinon tant pis." Sweet.

c'est haut
Après cette formidable randonnée de 3h, nous reprenons la route direction le campement. Mais tout d'abord, arrêtons-nous sur le bord de la route ramasser du bois. Les arbres sont presque tous noirs, brûlés naturellement, assez faciles à casser. Matt est un vrai bourin il se suspend a une branche et la secoue de toutes ses forces, la branche finit par céder et il se rattrape comme il peut en tombant.
Il fait nuit depuis longtemps lorsque nous arrivons au "campement". Il n'y a personne d'autre que nous à des kilomètres à la ronde. Il fait un froid de canard, pas un nuage, des étoiles par milliers et malheureusement la lune est pleine. Matt allume le feu, et commence à préparer à manger. Il creuse des trous autour du feu, met quelques braises au fond, place les marmites dessus et rajoute des braises autour et sur les marmites. Résultat : pain, riz, légumes et chili con carne, c'est bien bon. Nous dînons dans des assiettes en fer blanc assis sur nos swags autour du feu, il fait sacrément froid. Une fois le dîner avalé, la vaisselle lavé et le bordel rangé, Matt nous apprends à nous servir de nos swags et sacs de couchage et il se barre tout seul plus loin en nous souhaitant une bonne nuit. Pour ne pas avoir froid nous dormons en futal, plusieurs couches de T-Shirts, polaire dans un sac de couchage dans un swag. Et il fait quand même un peu frais. C'est beau les étoiles... La lune est bizarre, y'a comme un bout de nuage qui reste devant depuis quelques temps, alors qu'il n'y a pas de nuages...

Y-a-t-il un joey dans la poche kangourou ?
J'ai pas très bien dormi, Matt nous réveille à 5h30. C'est très dur de sortir du sac de couchage, il fait glacial dehors. Ce matin, nous allons à Kata Tjuta (ou monts Olga), "découvert" en 1872 par Ernest Giles, qui baptisa ces rochers en l'honneur de la reine Olga de Württemberg. Mais d'abord, on ramasse du bois pour ce soir. On assiste au lever du soleil, je prends des photos, je ne suis pas d'une très grande aide pour ramasser du bois... Il y a un kangourou mort sur le bord de la route, Matt se dirige vers la bête, la tâte "il est encore chaud", la retourne et fouille dans la poche à la recherche d'un éventuel joey à sauver. Mais point de joey.

Kata-Tjuta
Nous voilà à Kata Tjuta, il est tôt, il fait beau, il n'y a personne. Matt nous donne un cours de géologie sur comment Kata Tjuta (qui signifie "plusieurs têtes"parce qu'il y a plusieurs rochers) et Uluru ont été formés :


Avant, il y a plusieurs millions d'années, l'Australie était traversée de part en part par une rivière et il y avait un grande mer intérieure. Puis, il n'y a plus eu de mer intérieure mais une énorme chaîne de montagne (à cause d'un mouvement de terre, probablement collision), tellement grande qu'à côté l'Everest lui arrive pas à la cheville du pied. Comme il n'y avait rien, pas même de végétation, ça c'est érodé bien facilement, les gros rochers sont d'abord tombés puis le sable. Après, il y a encore eu une mer intérieure qui a compacté d'un côté les gros morceaux de l'autre le sable. La mer a encore disparu, il y a eu un autre mouvement de terre qui a retourné tout ce bordel à 90° pour le sable et un peu moins violemment pour les gros cailloux. Uluru est donc un gâteau au chocolat compact et Kata Tjuta un cake aux fruits. Pour des explications plus scientifiques, Wikipédia est votre ami.

Ce matin, nous marchons donc à travers un fruit cake bien joli (alors que je n'aime pas le fruit cake, c'est franchement dégueu). La balade s'appelle Valley of the winds et effectivement, ça souffle parfois... C'est magnifique, on contourne les rochers rouges impressionnants (plus haut point à 546 m), beaucoup de buissons, quelques fleurs, des oiseaux. Puis, on passe à travers les rochers et ça grimpe. On aperçoit un kangourou qui se fond dans le décor façon camouflage, il en devient très difficile à repérer. Enfin, le sommet, entre deux roches, une vue épatante, ça valait le coup, c'est à couper le souffle aux sens propre et figuré. Matt et Fitzy nous attendaient là-haut, bande de feignasses ! On passe un petit moment là haut à se reposer, à admirer la vue, à discuter avant de continuer gentiment notre route vers le bus.

Kata-Tjuta à travers les vitres du bus
Après le pique-nique, nous allons visiter le centre culturel du parc Uluru-Kata Tjuta, enfin nous apercevons le gros caillou, c'est beau. Nous avons 1h pour visiter le centre, il est interdit de prendre des photos, il me faut donc lire tous les panneaux. Un peu pressée par le temps, je n'arrive pas à tout intégrer mais c'est fascinant. Il est interdit de prendre quoique ce soit dans le parc, cailloux, sable... Certains l'ont fait et ensuite, accablés de malheurs de toutes sortes une fois rentrés chez eux, ils ont renvoyé le tout au centre culturel avec une lettre d'excuse en expliquant ce qui leur est arrivé depuis et en demandant à ce que l'on replace les objets au bon endroit pour briser la malédiction. On peut lire ces lettres, c'est trop drôle ! On peut aussi signer le livre "I did not climb Uluru", je l'ai signé. Nous partons ensuite faire la Mala Walk, courte marche à Uluru pendant laquelle Matt nous explique beaucoup de choses sur la culture aborigène, les peintures, les histoires, c'est trop top.

Uluru
Puis, il est temps d'aller au sunset lookout, il faut y être en avance afin de réserver une table avant l'arrivée des autres bus. Uluru c'est un peu la guerre aussi parfois. On a notre table, on attend, Matt et Fitzy préparent le dîner et nous contemplons les changements de couleurs d'Uluru avec le déclin du soleil, ça envoie du pâté (mon Dieu, du pâté !). C'est magique et magnifique, c'est magignifique. Je dirai même plus, c'est cloolssement magignifique. Par contre, les nouilles sont un peu trop épicées à mon goût.

Sunset
Une fois la nuit bien tombée, nous allons à notre campement du soir en mode bus disco. Sur place, malheur, impossible de mettre la main sur notre bois. Nous accusons direct le seul groupe présent mais en fait, notre bois était caché plus loin, tout cela reste bien mystérieux... Nous ne sommes donc pas les seuls, il y a du monde, des toilettes et des douches, miracle ! Il fait toujours aussi froid mais je dors bien mieux que la veille, sans doute parce que je suis bien claquée aussi.

Dernier matin, réveil avant 6h, on remballe sac de couchage et swags, on se dépêche et nous sommes au sunset lookout pour le sunrise (comme ça y'a personne). Petit-dèj en regardant le soleil se lever sur Uluru c'est pas mal non plus dans le genre. Mais qu'est-ce qu'on se gèle !

Sunrise
Vient l'heure de la dernière balade, la base walk, tout autour d'Uluru, plus grand monolithe du monde, 9,4km de circonférence, 3,6km de long, 348 m de haut, mais en fait c'est un peu comme un iceberg, sous terre, il y a encore du Uluru. "Découvert" en 1873 par William Gosse qui nomme le site Ayers Rock en l'honneur de Henry Ayer, premier ministre d'Australie Méridionale.

Uluru
Nous avons deux heures devant nous, seuls pour faire le tour du rocher. C'est calme. À certains endroits, notifiés par des panneaux fléchés, il est interdit de prendre des photos ou de filmer. On croise bien peu de gens, c'est bizarre, il est peut-être trop tôt. Je sais pas pourquoi dans ma tête Uluru c'était tout lisse. Ben en fait pas du tout, des trous, des crevasses, des aspérités, rien de régulier, ça n'a vraiment rien de lisse.

En revenant au bus, un type nous prête ses lunettes spéciale éclipse et nous pouvons regarder Vénus devant le Soleil, c'est exceptionnel ! La prochaine fois c'est en 2117.
Voilà, c'est maintenant bel et bien fini, on reprend la route direction Alice Springs. On dit au revoir à Uluru, Kata Tjuta et aux Anangu. Quelle tristesse.

lever de soleil sur la route
Pour passer le temps dans le bus, nous jouons à "dessiner c'est gagné" sur le pare-brise, à la place du mort. Matt gagne souvent, il dessine en conduisant, c'est comme ça que nous avons frôlé la mort, il a réussi à éviter un camping-car à la dernière minute, il a arrêté de jouer après ça.
La ferme des chameaux ! Trop bizarre ces bêtes-là. En fait c'était des dromadaires, mais ils appelaient ça quand même des chameaux, allez comprendre quelque chose à tout ça...

Burt le gentil dromadaire
On peut faire un tour à dos de chameau si le cœur nous en dit. Au vu de mes récentes expériences fâcheuses avec les animaux, j'hésite sévèrement et finalement je me lance. C'était vraiment très drôle, c'est haut ces bestioles là ! Je ne suis pas tombée, je ne me suis pas fait mordre, ni craché dessus, bien joué ! Matt nous présente un petit chameau prénommé Little Matt en son honneur, il en est très fier.

c'est cloolsse un dromadaire quand même
Après ce moment dromadaire, nous rentrons sur Alice Springs. Ce fut un sacré Rock Tour, c'est moi qui vous le dis.

lundi 11 juin 2012

Alice Springs

Northern Territory (Territoire du Nord pour les non-anglophones), le coeur de mon voyage, plus ou moins le milieu de l'Australie, Uluru le gros caillou rouge. J'arrive à Alice Springs au petit matin, il fait froid et je suis claquée après 3 nuits assez courtes. Après rapide installation à l'auberge et enfin une douche, je visite vite fait la ville.

Roland Garros
Alice Springs, deuxième plus grande ville du Territoire du Nord, un peu plus de 21 000 habitants. Terre rouge, rivière asséchée, ciel bleu. Beaucoup d'aborigènes et pas mal de paranoïa, mais moins qu'à Mount Isa. Il est quand même très recommandé de ne pas sortir à la nuit tombée, surtout si on habite de l'autre côté de la rivière. Mon auberge est de l'autre côté de la rivière mais de toute façon, je suis trop fatiguée pour sortir où que ce soit.

la rivière
Bref, c'est pas bien grand Alice Springs, quelques supermarchés, pas mal de galeries d'art aborigènes, deux librairies (alléluia !) dont une spéciale livres australiens (même pas ils ont "le koala tueur", bouh !), des fasts-foods, des pubs, quelques auberges de jeunesse et agences de circuits organisés pour Uluru. Il y a aussi quelques "musées" : musées sur les camions et autres road-trains, musée sur les Flying doctors ou la school of the air. Dans l'Outback, endroits très reculés et éloignés des villes, il n'y a pas d'école ni d'hosto. Donc, si jamais il y a un grave pépin, les docteurs se déplacent en avion, ce sont les Flying Doctors. Jusqu'à il y a peu, les enfants vivants dans ces régions-là suivaient un enseignement à distance par radio (School of the air). Maintenant, Internet prend le relais petit à petit.


Le truc à ne pas manquer, c'est le coucher de soleil du point le plus haut d'Alice Springs : ANZAC Hill. Ben c'est vrai que c'était bien beau, en plus, il y avait plein de nuages !

coucher de soleil depuis l'ANZAC Hill
Le lendemain, après une super nuit dans un vrai lit avec une couette géniale, j'ai un peu marché le long de la rivière inexistante.

kangourou
J'ai passé l'aprèm à faire des sentiers de randonnées aux alentours, c'était magnifique. Temps superbe, presque personne, désertique, j'ai juste croisé un kangourou qui m'a bien surprise. J'ai fait quelques kilomètres, histoire de me mettre en jambes pour le lendemain et les jours à venir.


jeudi 7 juin 2012

Le voyage continue

Donc j'ai quitté Cairns. Je suis partie dans la nuit froide (pas tellement) et pluvieuse (beaucoup) en laissant Mathilde avec les crocodiles. En réalité, c'est elle qui m'abandonne, elle prend l'avion pour Darwin rejoindre ses parents pour trois semaines de vacances.

Anyway, une fois de plus, je retrouve ce bon vieux bus Greyhound. Tout d'abord, retourner à Townsville, 5h de bus. Je débarque là-bas à 5h30, j'ai pas tellement bien dormi, le chauffeur nous réveillant toutes les deux-trois heures pour nous annoncer les arrêts. Lorsque le chauffeur apprend que je vais à Mount Isa en train, il me dit "oh c'est bien, mais il y a beaucoup de déraillements" J'ai l'air paniqué, il rajoute "non, beaucoup de déraillements de trains transportant des centaines de wagons des mines. Il y a trois mois, l'accès à Mount Isa a été fermé pendant 10 jours suite à un déraillement." Chouette.

vue du train vers Townsville, c'est gris et triste
Je suis à Townsville et je n'aime pas tellement cette ville. Je prends un bus pour aller à la gare, assez éloignée de la gare routière. Il est 7h, la gare est vide et ne ressemble à rien : un quai, quelques bancs. C'est tout. Pas une seule machine pour se payer un chocolat chaud. Il fait froid, il fait fatigué, mon train part à 12h40, youhou ! J'attends. J'essaye de lire, d'écrire, de dormir. Vers 9h, quelques employés arrivent, ouvrent le guichet, préparent la bouffe pour The Inlander (Townsville-Mount Isa). Une employée annonce les trains. Il n'y a pas d'écran, elle traîne un panneau d'affichage jusqu'à l'entrée de la gare, dessus 4 noms de trains écrit, elle rajoute avec des chiffres aimantés les heures d'arrivée et de départ de deux d'entre eux (dont le mien, The Inlander). La gare de Townsville est vachement animée... J'attends toujours. Bien peu de passagers sont là, il fait toujours froid. Je peux mettre mon gros sac en soute gratos, ça c'est chouette. La SNCF devrait prendre exemple.
Le train arrive en gare à 12h25, les employés montent, font le nettoyage, chargent le wagon-bouffe, tu m'étonnes qu'on parte en retard ! Je suis dans le dernier wagon, le wagon sièges inclinables. Il y a 52 places assises, on est une quinzaine, grande majorité d'aborigènes.

lever de soleil sur les rails
Paysage vert, il pleut, les vitres sont sales, j'ai frais, impression d'être de retour dans le Transmongolien. On s'arrête peu, les gares ressemblent à rien, au milieu de la campagne.
En Australie, comme partout ailleurs, les vaches regardent les trains passer. Certaines s'affolent et courent un peu partout. En Australie, comme nulle part ailleurs, les kangourous regardent les trains passer. Certains se barrent en sautant. La nuit tombe assez brutalement je trouve, tout le monde essaye de s'installer plus ou moins confortablement pour dormir. Tous ont des supers couettes, des oreillers... Moi, je n'ai que ma pauvre polaire, et même si je suis claquée, je dors bien mal.

j'aime bien les levers de soleil
Réveil avant 7h, chocolat chaud à la voiture bar, le soleil se lève, c'est magnifique. Le paysage a changé, surtout les couleurs. La terre est rouge, le ciel est bleu (enfin !), un peu de moins végétation (surtout moins d'arbres), buissons plus jaunes que verts. Toujours des kangourous et des vaches.
Vers 9h45, le train stoppe devant une mine énorme. Tout le monde se lève. C'est quoi ce bordel ? Ah ok, à gauche la mine, à droite la "gare". Comme à Townsville, juste un quai.

Mount Isa, la mine
Mount Isa, toujours dans le Queensland, mais dans l'Outback, 23 500 habitants, patrie de Patrick Rafter, des mines et des mineurs. Il y a tellement trop d'hommes à Mount Isa qu'en 2008, le maire John Molony a lancé un appel aux femmes moches pour venir vivre à Mount Isa. Ils ont changé de maire cette année.

Mon bus est à 19h30, j'ai un peu de temps pour "visiter". Je ne fais pas grand chose en réalité, je marche, je traverse un pont, il est censé y avoir une rivière en-dessous, il n'y a que du sable ou presque, je vais au point de vue "oh c'est beau la ville vue d'en haut, on voit même le K-Mart", je me balade dans le centre. Pas mal d'aborigènes dans les rues, partout des caméras de sécurité et des stickers "Tell us what you know, not who you are"...

charmant
Je discute avec une française et une allemande devant la bibliothèque fermée provisoirement. Le temps passe et au moins j'ai pas froid, il n'y a pas un nuage dans le ciel.

faut bien des couchers de soleil aussi !
Greyhound bus à 19h30, le chauffeur le moins sympa que j'ai eu depuis mon arrivée en Australie. Le bus est loin d'être plein, on peut s'étaler peinard. Changement de bus à Tennant Creek vers 3h, changement d'heure aussi (+30 min), nous voilà dans le Northern Territory. On attend plus de 20 min dehors, il fait un froid de canard.
6h45, lever de soleil magique avec vitres embuées. On s'arrête pour le petit-dèj à Aileron Roadhouse, un peu au milieu de nulle part, c'est amusant. Et enfin, 9h30 Alice Springs...

les galahs d'Alice Springs (ou cacatoès rosalbin)
Cairns-Alice Springs en bus, train, bus, environ 2480 km en 57h , c'est rapide en fait.

PS : les photos ne veulent pas se charger, désolée...
PS2 : 3ans après, ça y est, j'ai mis des photos !

allez, un dernier lever de soleil pour la route !

Oui bon d'accord ça va

Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris, c'est ce film toute cette pression...
Bon, je vais continuer.

dimanche 3 juin 2012

Non mais c'est vrai quoi !

Parfois, je me demande pourquoi je continue d'écrire ce blog sachant que personne ne le lit. Alors si, en fait certains le lisent, mais je n'ai presque aucun commentaire, me donnant l'impression que tout le monde s'en fout.
Ben vous savez quoi, moi aussi je m'en tape. A la base, je voulais même pas de blog, je trouvais ça trop naze. Je me suis fait influencer par la famille et les amis et voilà le résultat : nada. Donc, je ne sais pas si je vais continuer, tout cela me semble assez vain.
Sinon, demain je vais voir Uluru et si ça trouve vous en entendrez jamais parler, ah ah ah !!!!!

PS : Qui a dit que j'étais devenue plus gentille en Australie ?
PS2 : Sachez que j'ai un deuxième blog caché quelque part et que j'ai plein de commentaires, na !

samedi 2 juin 2012

Snriac

Dernière ville importante sur la côte Est. Certes, plus au Nord, il y a Cooktown, mais après Cooktown, impossible de circuler en bus ou en voiture, il faut un 4x4. Et je conduis pas. Je peux toujours y aller en circuit organisé mais ça coûte un bras et j'ai besoin de mes deux bras si jamais je rencontre un crocodile.
Donc, Cairns, dernière ville de la côte Est pour moi. Soyons clairs, on est restées 10 jours à Cairns, il a fait un temps pourri dans l'ensemble, c'était un peu la lose quoi. Le problème c'est qu'il n'y a pas grand grand chose à faire à Cairns. Il n'y a même pas une librairie digne de ce nom, la honte...

Cairns
Alors, le Lonely Planet, parfois, il est à côté de la plaque complet. Regardez ce qu'il nous écrit sur Cairns :
"S'il manque une plage à la ville, cet inconvénient a été parfaitement compensé par la création d'un superbe lagon artificiel parfaitement situé sur l'Esplanade, en plein centre-ville."
Parfaitement compensé ? À la place d'une plage de sable fin de 4 km de long, il y a une espèce de petit bassin à l'eau certes très claire mais aussi profonde qu'une baignoire. Et un peu de sable en bordure pour faire genre. Et heureusement qu'il est situé en plein centre-ville, à côté de l'océan, ils sont pas si cons que ça les mecs !

Le lagon avec les faux poissons
"Habitants et touristes y affluent en maillots et bikinis aux premiers rayons de soleil." Il a dû faire soleil 1 jour et demi, donc je peux pas trop juger là.
"La ville compte de nombreux restaurants japonais et coréens, un casino où l'on a parfois l'impression d'être en pleine forêt humide, et assez d'auberges de jeunesse et de night-clubs pour se faire une idée de la manière dont les australiens aiment faire la fête."
Comme partout, il y a quelques restos japonais et coréens. Après avoir lu une description pareille, on est allées faire un tour au casino. Je sais pas ce qu'il avait pris le gars du Lonely mais on l'a pas vu la forêt tropicale. Pour finir, qui dit auberge de jeunesse, dit généralement touristes étrangers, je vois pas comment ils peuvent donner une idée dont les australiens aiment faire la fête.


"Au petit matin, après avoir passé la nuit à danser, on peut embarquer sur l'un des nombreux bateaux qui desservent chaque jour les îles et le récif pour s'offrir une journée de plongée ou de snorkeling"
La blague ! Genre tu passes une nuit blanche à boire et à danser, t'embarques sur un bateau, déjà tu vomis tripes et boyaux en allant sur le récif, ensuite tu peux pas plonger si t'as de l'alcool dans le sang. Franchement n'importe quoi tout ça... 

Le seul avantage de Cairns, c'est que c'est la voie d'accès royale pour des expéditions sur la Grande Barrière de Corail. C'est ce qu'on a fait. Nous sommes parties au petit matin, dans un bateau de 80 passagers (mais on était une quarantaine), il faisait pas mal gris, pas mal de houle, il y a eu quelques malades pendant les 2h de trajet. Il y avait un livre sur la table, je l'ai lu pour patienter, j'aurais pas dû : Sharks and Rays. Je voulais plus mettre un orteil dans la flotte après cette lecture instructive avec de belles images. Mais le bateau a jeté l'ancre à Michaelmas Cay, le soleil a réussi à sortir, il y avait des oiseaux partout (on se serait cru dans "Les oiseaux", véridique. L'espace de 2 secondes et demi, j'avais plus peur des oiseaux que d'éventuels requins me déchiquetant une jambe), tout le monde était en tenue, j'ai suivi le mouvement : stinger suit, palmes, masque, tuba, appareil-photo sous-marin et plouf ! Ben j'ai pas regretté ! C'était ben beau là-dessous ! Un peu comme aux Whitsundays en fait (en même temps, c'est la même barrière de corail donc bon...). Plus de poissons je pense. Mais c'est pas de la tarte de prendre des photos sous l'eau, ça bouge, les poissons aussi, fichtre quoi ! Le plus mieux de la classe qui tue, c'est que j'ai vu une tortue de mer, c'était vraiment cloolsse. Limite je me serais crue dans Nemo. Limite. J'ai pas vu de poisson-clown.

Parrot-fish
Après une sacrée session de snorkeling (j'aime toujours ce mot, snorkelling (je sais toujours pas si ça prend 2 ailes ou pas alors j'alterne)), nous sommes remontées à bord, on a dit bonjour aux gros batfish qui nagent tout près de la surface, on a bien mangé, les poissons aussi : ils ont eu droit à un peu de bouffe, ça nous a donné l'occasion de voir les Giant Trevally à l'oeuvre. Gros poissons noirs qui nagent avec une rapidité étonnante pour choper la bouffe, on aurait dit un croisement entre un dauphin et un requin, mais en plus petit. Un genre de dauquin ou de rephin. Ou de drauphquin.

batfish
Le ciel s'assombrit de plus en plus, on vogue vers notre deuxième et dernier spot de plongée. Il fait froid, il fait gris sombre, il y a des vagues et il se met à pleuvoir lorsque nous sautons à la mer. De plus, cette fois-ci pas de banc de sable et de plage comme à Michaelmas Cay, là nous sommes au milieu de l'océan, on ne voit pas le fond avant d'atteindre les coraux et ça c'est effrayant. Surtout pour moi. Je fais une petite crise de paranoïa/panique toute seule dans ma tête, je vois des ailerons partout c'est dingue. Après quelques minutes je préfère remonter à bord et me soigner en me vidant un paquet de m&m's dans le gosier. Je suis très courageuse, je sais. Mais bon, c'est toujours dans des situations comme ça que les gens se font attaquer par des requins dans les films. Pendant ce temps là, Mathilde continuait de prendre des photos 30 000 lieues sous les mers. Ben, elle s'est pas fait manger par un requin, dingue ! Ni par une orque ou une baleine ou tuer par une méduse tueuse.


Sur le chemin retour, un des membres de l'équipage nous a fait une petite présentation sur la Grande Barrière de Corail, les différents poissons, coraux, les dangers qui la menacent... c'était ma foi très instructif tout cela. J'ai pas essayé la plongée avec bouteille parce que j'avais peur que mon cerveau explose. Ça m'aurait un peu embêté.
J'étais bien contente d'avoir snorkellé sur la Grande Barrière avant qu'elle ne disparaisse à cause du réchauffement planétaire ou de la méchante étoile de mer ou de la fin du monde de décembre 2012.
On est rentré à l'auberge sous une pluie battante, c'était rigolo... C'est quand même censé être la saison sèche en ce moment, bordel !


Pour éviter de carrément s'emmerder à Cairns, on est allées faire des petits tours pas loin histoire de voir si l'herbe était plus verte.

Four Mile Beach, Port Douglas
Tout d'abord, Port Douglas. Tout le monde nous disait que c'était "lovely". J'aurais dû me méfier. Non en fait, c'était pas si pire et j'imagine qu'avec un vrai beau temps, ce doit être magnifique. Mais le sublime point de vue sur la Four Mile Beach, c'était un peu terne et gris. Et puis, c'est un peu effrayant de se balader sur ladite plage après avoir vu les panneaux "attention crocodiles". Par contre, à Port Douglas, il y a une librairie/café lovely où ils font un bon chocolat chaud...

Le coin à pique-nique, Port Douglas
Ensuite, Kuranda. Ça sonne un peu comme Cooranga. On a pris un petit train du matin pour monter dans la forêt tropicale jusqu'au village. J'aime les trains, celui-ci était top, les banquettes étaient en cuir rouge. La vue sur Cairns était pas mal non plus dans le genre et en plus il faisait beau ! On était ready pour faire une super balade de 4h ou plus, peu importe, mais la dame de l'Office du tourisme nous a refroidi direct. "Ah mais non, les sentiers ils partent pas d'ici, il faut une voiture pour y aller" Ben mince alors. En échange, Mathilde a joué à la dame de l'office du tourisme parisien pour la dame de l'office du tourime Kurandien qui était allemande.

le petit train de Kuranda
Puis, on a fait la pauvre balade d'à peine une heure autour du village. On a même mangé au bord d'une rivière parce qu'il y avait pas de panneau. C'est bien connu, les crocodiles quand ils voient pas les panneaux "attention crocodiles", ben ils restent pas. Puis on s'est rentré avec le bus. Mathilde nous a fait des crêpes pour nous remonter le moral, c'était sacrément cloolsse (avec du Milo sur la crèpe, s'il vous plaît !)

Barron Falls, Kuranda
Sinon, à Cairns, il y a un allemand qui ronfle tellement qu'on est obligées de changer d'auberge, il y a des gens qui volent mes Tim-Tam dark chocolate (du lait et du fromage rapé par la même occasion, mais on a réussi à tout récupérer en partie), il y a des parents qui promènent leurs enfants en laisse-chien, il y a des marchés de nuit où des asiatiques proposent des massages à 15$, il y a 4 sushis rolls à 7$ de 20h30 à 21h30, il y a des fourmis dans les Cocoa Orbits, il y a une fille qui est triste parce que son ordi à un virus (mais pour d'autres raisons aussi), il y a un Office Works avec des beaux carnets, il y a des supermarchés polonais, comme partout en Australie (ceci est une blague que bien peu de gens pourront comprendre, désolée), par contre il n'y a même pas de K-Mart (c'est vraiment une ville de merde Cairns !), ni de Wi-Fi gratuit dans les auberges ou à la bibliothèque, ni de comic book store...